La petite histoire du Richelieu

La rivière Richelieu est une rivière québécoise du Canada, qui prend sa source du lac Champlain, coule vers le Nord et se déverse dans le fleuve Saint-Laurent. Elle était autrefois appelée la rivière des Iroquois puis la rivière Chambly. Cette rivière a été une voie clé de transport fluvial pour le commerce transfrontalier entre le Canada et les États-Unis, jusqu’à l’arrivée des chemins de fer au milieu du xixe siècle. À cause de sa position stratégique, entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre, plusieurs fortifications militaires ont été érigées sur le parcours de cette rivière. Elle a servi de passage à plusieurs excursions militaires et a été le théâtre de plusieurs batailles, entre la fin du xviie siècle et le début du xixe siècle, entre les Français et les Iroquois, puis entre Français et les Anglais, durant le régime de la Nouvelle-France, enfin entre les Anglais et les Américains, après 1760.

Géographie

Une section de la rivière Richelieu, vue du Mont Saint-Hilaire Avec son bassin versant d’une superficie totale de 23 720 km2 — incluant ceux du lac Champlain (19 925 km2) et de la baie Missisquoi (1 289 km2) — la rivière Richelieu constitue le plus important tributaire de la rive sud du fleuve Saint-Laurent et draine un vaste territoire du sud du Québec. Les eaux proviennent des pentes ouest des Green Mountains et des pentes orientales des montagnes Adirondacks de État de New York. La vallée du lac Champlain constitue l’essentiel du bassin versant. D’une longueur de 124 km, la rivière Richelieu débute à l’une des extrémités nord du lac Champlain, à la frontière entre le Canada (province de Québec) et les États-Unis (États du Vermont et de New York). Dans son parcours vers le nord, cette rivière traverse plusieurs villes et village: Lacolle, Île aux Noix, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Richelieu, Chambly, Otterburn Park, McMasterville, Belœil, Saint-Charles-sur-Richelieu, Saint-Denis-sur-Richelieu, Saint-Ours et Sorel-Tracy. Finalement, la rivière se déverse dans le fleuve Saint-Laurent, à l’entrée du Lac Saint-Pierre, à environ 40 km au nord-est de l’Île de Montréal et environ 150 km au sud-ouest de la ville de Québec. La portion québécoise du bassin versant (environ 15 % de sa superficie totale) de la rivière Richelieu comprend 18 lacs et étangs ainsi qu’une quarantaine de rivières et ruisseaux tributaires du Richelieu. Les principaux affluents du Richelieu sont les rivières l’Acadie, du Sud, des Hurons et Lacolle. Près de 340 000 habitants, répartis dans huit municipalités régionales de comté (MRC) et 65 municipalités, vivent dans la partie québécoise du bassin versant de la rivière. La densité de la population (140 habitants par km2) y est donc très élevée par rapport à celle de la plupart des autres régions du Québec. Un peu plus de 70 % de ce territoire est utilisé à des fins agricoles. Depuis l’ouverture du canal de Chambly en 1843, le Richelieu permet la navigation entre le fleuve Saint-Laurent et le lac Champlain. À l’extrémité sud du lac, le canal Champlain (ouvert en 1823) permet ensuite de rejoindre le fleuve Hudson et, en aval, la ville de New York, où le fleuve se jette dans l’océan Atlantique. alors que Le fleuve Saint-Laurent est un important cours d’eau qui relie les Grands Lacs de l’Amérique du Nord à l’océan Atlantique auCanada. Il est le seul émissaire du bassin des Grands Lacs. Le fleuve Saint-Laurent borde en partie la province de l’Ontario au sud et traverse le Québec tout entier. Il constitue dans sa partie ontarienne la frontière internationale et naturelle entre le Canada et les États-Unis par l’État de New York. Il est un des plus grands fleuves du monde. Ce qui nous permet de dire qu’une grande partie de l’histoire du Canada et même avant l’indépendance des Etat-unis a commencer entre Fleuve et Rivière.

Parcours de la rivière et hydrologie

La pente moyenne de la rivière Richelieu est de 0,19 m/km, mais 24 mètres de dénivellation entre St-Jean-sur-Richelieu et Chambly pour un débit moyen de 330 m3/s. Par convention, on distingue généralement trois grandes sections de la rivière : Le Haut-Richelieu (entre le lac Champlain et Saint-Jean-sur-Richelieu) : Il se caractérise par une très faible dénivellation (0,3 m sur 35 km). D’une largeur d’environ 1,5 km à son extrémité sud, il devient de plus en plus étroit (une largeur d’environ 250 m dans ses zones les plus étroites). Il passe par les villes de Saint-Jean-sur-Richelieu, d’Iberville et de Saint-Luc (fusionnées depuis 2001). Le canal de Chambly (de Saint-Jean-sur-Richelieu à Chambly) : Du fait de sa dénivellation importante dans ce secteur — 25 m sur 12 km —, la rivière est jalonnée de nombreux rapides. Le canal, composé de neuf écluses et d’une longueur de près de 19 km, permet aux embarcations de les contourner. À Chambly, la rivière s’élargit et forme le Bassin de Chambly. Le Bas-Richelieu (entre Chambly et le fleuve Saint-Laurent) : Il passe notamment par les villes d’Otterburn Park, de Beloeil, de Mont-Saint-Hilaire et par les municipalités de McMasterville, de Saint-Charles-sur-Richelieu et de Saint-Denis-sur-Richelieu. À Saint-Ours, la rivière se caractérise à nouveau par une forte dénivellation, avant de se jeter dans le fleuve Saint-Laurent à Sorel-Tracy, au sud-ouest du lac Saint-Pierre. Plusieurs îles fluviales jalonnent le parcours de la rivière Richelieu. Sans doute la plus célèbre, l’île aux Noix se trouve sur le Haut-Richelieu et abrite le fort Lennox, considéré comme un lieu historique national. En aval, l’île Sainte-Thérèse, près de Saint-Jean-sur-Richelieu (secteur de Saint-Luc), est la plus grande île du Richelieu (sa longueur est d’environ 4 km et sa largeur maximale de 1 km). Autrefois agricole, elle est aujourd’hui largement résidentielle. Elle a aussi déjà abrité le fort Sainte-Thérèse, construit en 1665, mais abandonné à la fin du XVIII e siècle et aujourd’hui disparu. Le Richelieu est l’une des trois rivières du Québec tributaires du fleuve Saint-Laurent, qui coulent du sud vers le nord, les deux autres étant les rivières Chaudière et Châteauguay. Des embâcles peuvent se former au printemps avec la fonte des glaces au sud alors que le nord est encore gelé, provoquant des inondations.

Affluents dans la partie québécoise du cours d’eau

Histoire 

Avant l’arrivée des Français, la rivière Richelieu était fréquentée par les Iroquois, les Hurons et les Algonquins. Samuel de Champlain la visite dès 1608 et elle est remontée sur tout son parcours en 1609. Autrefois appelée Masoliantekw, qui signifie « eau où il y a beaucoup de nourriture » en Abénaqui , appelé rivière aux Iroquois au début de la colonie, son nom français lui vient du nom du cardinal de Richelieu (1585-1642), ministre de Louis XIII.

Au XVII e siècle, les assauts répétés des Iroquois mettent en péril l’existence de la colonie française d’Amérique. Les premiers postes militaire, comme le Fort Richelieu à Sorel et le Fort Saint-Jean sont alors construits. Ce dernier, construit en 1666, mène à la fondation de la ville de Saint-Jean, aujourd’hui Saint-Jean-sur-Richelieu. Au XVIII e siècle, la région devient un endroit stratégique de plus en plus convoité par les empires coloniaux français et britanniques. Les deux puissances souhaitent étendre leur territoire et contrôler la traite des fourrures. Anglais et Français érigent des postes fortifiés plus imposants, tels que le Fort Lennox de l’Îsle-aux-Noix, le Fort Sainte-Thérèse et le Fort Saint-Louis (ou Fort Chambly). Ces fortifications et les terres fertiles du bord de la rivière y attirent les paysans. C’est à cette époque que la région du Haut-Richelieu obtient son surnom de « vallée des forts ».

Après 1759-1760, période de la conquête britannique, et après la guerre d’indépendance des États-Unis, des militaires britanniques et des loyalistes viennent s’établir sur les rives du Richelieu. Les batailles de Saint-Denis et de Saint-Charles se produisent le long du Richelieu, au cours de la rébellion de 1837. En 1812, les Américains empruntent la voie maritime pour envahir leur voisin du nord.

Dans la deuxième moitié du XIX e siècle, la rivière cesse toutefois d’être une chemin de guerre. L’aspect commercial s’affirme avec l’achèvement du canal de Chambly en 1843. Il devient possible de contourner les rapides et d’acheminer directement des billots, de la pâte à papier, du foin et du charbon. À la suite de ce premier canal, tout un réseau de canaux se forment. Ceux-ci permettent de rejoindre la rivière Hudson, et donc New-York. Le commerce international entre le Canada et les États-Unis devient possible . Des touristes de New York et Montréal visitent la rivière. Sa contribution à la prospérité régionale se fait alors déterminante et Saint-Jean devient, au milieu du siècle, le port intérieur le plus important du Québec et du Canada. La rivière, dont le cours traverse des zones densément peuplées ainsi que plusieurs terres agricoles, a un problème de pollution, particulièrement en aval du Bassin de Chambly. Les mesures concernant le traitement des eaux usées ont réduit la présence de certains polluants au cours des dernières années. La villégiature a largement remplacé les activités commerciales générées par le Richelieu, considéré comme un « corridor patrimonial » . En 2011, d’importantes inondations ont lieu sur les rives de la rivière en Montérégie.

La Rébellion des Patriotes

La Rébellion des PatriotesRébellion du Bas-Canada, ou tout simplement Rébellions de 1837-38, sont trois noms donnés au conflit militaire de 1837-1838 dans la colonie britannique du Bas-Canada (aujourd’hui le Québec). Elle est l’aboutissement d’un conflit politique larvé qui existait depuis le début du xixe siècle entre la population civile et l’occupant militaire colonial. Simultanée avec la Rébellion du Haut-Canada, dans la colonie voisine du Haut-Canada, les deux constituèrent les Rébellions de 1837.

La rébellion de 1837-1838 dans le Bas-Canada a été beaucoup plus violente que celle dans le Haut-Canada. Au cours du printemps et de l’été 1837, les chefs réformistes, dont le principal était Louis-Joseph Papineau, chef du Parti Patriote, ont tiré parti des tensions politiques de longue date pour mettre sur pied une large force rebelle. La situation était tellement tendue qu’en octobre 1837 toutes les troupes britanniques régulières ont été retirées du Haut-Canada et transférées dans le Bas-Canada. Les troupes rebelles ne faisaient pas le poids devant l’importante force militaire coloniale, sous la direction du généralJohn Colborne, complétée par un grand nombre de miliciens orangistes loyaux venant du Haut-Canada. Les Patriotes rebelles firent face aux troupes et aux milices loyalistes à trois occasions : à Saint-Denis, à Saint-Charles et à Saint-Eustache. La loi martiale fut déclarée et de nombreux rebelles, dont Louis-Joseph Papineau, ont dû s’enfuir aux États-Unis. Des centaines ont été arrêtés, plusieurs ont été déportés en Australie, d’autres furent pendus à la prison au Pied-du-Courant à Montréal.

Le fonds d’archives de la Collection rébellion de 1837-1838 est conservé au centre d’archives de Montréal à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Origines du conflit

Après la conquête de la Nouvelle-France par la Grande-Bretagne en 1759, le gouvernement du Bas-Canada (aujourd’hui, le Québec) est assuré par un gouverneur général nommé par Londres et celui-ci assume des pouvoirs absolus. Par le Traité de Paris de 1763 la France cède le Bas-Canada et le commerce devient exclusivement tourné vers l’Empire britannique, par l’intermédiaire de ses marchands, dont surtout ceux de Boston. L’Empire encourage une arrivée massive de loyalistes à la couronne britanniques (pour former le Haut-Canada) et seuls ceux qui prêtent serment du test peuvent occuper un poste dans l’administration civile, ce qui implique de renier la religion catholique et l’autorité du pape. Ce changement a donc fait des anciens colons français des citoyens de seconde zone.

Le drapeau des Patriotes du Bas-Canada.

La Guerre d’indépendance américaine viendra apporter un premier changement à ce statut. L’Acte de Québec de 1774 permet aux habitants de pratiquer la religion catholique et de faire partie de l’administration sans avoir à prêter le serment du test. C’est une importante concession afin de s’assurer la fidélité des habitants canadiens (descendants des premiers colons français) face à la menace des colonies américaines. Elle ne met cependant aucun frein à l’absolutisme du gouverneur anglais.

Au cours des décennies suivantes, de nombreux loyalistes américains et immigrants britanniques gagnent l’actuelle Ontario, ce qui conduit à la division de la Province de Québec, par la suite constituée du Haut et du Bas-Canada. Le Bas-Canada est la colonie la plus peuplée et demeure majoritairement francophone et catholique, alors que le Haut-Canada est majoritairementanglophone et protestant. La région de Montréal devient un tampon où se rencontrent les deux peuples. L’idée d’un gouvernement responsable, qui provient d’Angleterre et des nouveaux États-Unis, fait son chemin, et les deux colonies finissent par obtenir chacune une assemblée législative par l’Acte constitutionnel de 1791. Vers 1830, la population du Bas-Canada est constituée d’environ 75 000 Anglais et de 500 000 Canadiens français.

L’Assemblée législative du Bas-Canada obtient le pouvoir de légiférer, mais le gouverneur colonial britannique demeure le chef de l’exécutif et conserve également les cordons de la bourse. Il peut donc rendre totalement inopérantes les lois votées par l’Assemblée majoritairement canadienne. Comme le gouverneur fait partie de l’oligarchie marchande britannique et qu’il en sert les intérêts, dont le maintien de sa position dominante, il use de ses pouvoirs discrétionnaires pour nommer ses favoris aux postes de commande des Conseils législatifs et exécutifs, influencer les élections et bloquer toute réforme. Les exemples ne manquent pas où, par simple hostilité envers l’Assemblée élue, des personnes incompétentes ont été élevées à des postes d’importance5. Non seulement cette inégalité touche-t-elle le nombre de fonctionnaires, 54 Canadiens français contre 126 Anglais selon la liste officielle des fonctionnaires pour 1835, mais le traitement versé aux Anglais était également de 58 000 louis, tandis que les Canadiens recevaient 13 500. Même constat du côté des juges, où les juges anglais obtiennent 28 000 louis contre 8 000 pour les Canadiens.

Malgré la croissance démographique, le domaine cultivable n’augmente pratiquement pas, car les terres sont régies par Londres. Les Canadiens français doivent entreprendre un voyage jusqu’à Québec pour demander personnellement les titres au gouvernement, titres, s’ils les obtiennent, qui n’existent souvent que sur papier puisque les routes ne permettent pas d’atteindre les terres. Au même moment, Londres attribuait des terres sans consulter le parlement ; en 1833, 847 661 acres de terres étaient cédés à la British American Land Company pour favoriser l’implantation de colons américains.

Dans ce contexte, la politique prend rapidement une tournure musclée. Le Parti Canadien, formé par les habitants, s’oppose au Parti Anglais, favorisé par les gouverneurs successifs. Les élections se déroulent dans un climat d’intimidation, et le gouverneur n’hésite pas à dissoudre l’Assemblée lorsqu’elle va à l’encontre de ses intérêts. Le mouvement Patriote, réformiste, prend officiellement forme vers 1826 à l’occasion de la transformation du Parti Canadien en Parti Patriote. Son but est d’obtenir la souveraineté de l’Assemblée en limitant les pouvoirs du gouverneur. Ce dernier, qui ne veut rien céder, met des députés Patriotes en prison pour motif d’agitation populaire. Toutefois, certains patriotes se font élire même depuis leur cellule.

L’élection du 21 mai 1832

L’élection du 21 mai 1832 au Bas-Canada se conclut par la mort de trois partisans des Patriotes.

Le conflit, qui a perduré trois décennies, se radicalise durant les années 1830, alors qu’un conflit similaire se développe dans leHaut-Canada. Les rangs des réformistes sont surtout formés de paysans et de sujets britanniques issus des professions libérales (avocats, médecins, notaires, journalistes), opposés aux grands marchands coloniaux et aux membres de l’establishment politique. Le 21 mai 1832, une élection partielle dans le Quartier-Ouest du district de Montréal tourne à la tragédie lorsque l’armée britanniqueintervient pour contenir une émeute. L’élection du 21 mai 1832 au Bas-Canada se conclut par la mort de trois partisans Patriotes, François Languedoc, Pierre Billette et Casimir Chauvin. Le 24 mai, près de 5 000 personnes assistent à leurs funérailles à l’église Notre-Dame. Cette journée allait avoir un retentissement important sur les esprits de l’époque, et elle fait encore aujourd’hui figure de symbole pour expliquer la rébellion armée. En 1834, les Quatre-vingt-douze Résolutions sont présentées devant la Chambre d’Assemblée. Parmi les demandes : un gouvernement responsable, l’élection des membres du conseil législatif et avoir plus d’habitants canadiens à l’administration du pays. Celles-ci sont envoyées au Parlement d’Angleterre, mais sont refusées par le ministre britannique John Russell qui, lui-même, proposera, en 1837, ses 10 résolutions. Le tout se transforme finalement en un affrontement armé, au moment même où plusieurs pays européens, comme l’Allemagne, la Grèce ou l’Irlande, subissent eux aussi des insurrections similaires.

Blocage de la loi scolaire de 1836

Au printemps de 1836, la loi scolaire temporaire, mise en place en 1829 par l’Assemblée élue, est bloquée par sept membres anglo-protestants et un canadien du conseil législatif. Ce blocage échauffe les esprits car l’instruction publique était considérée comme essentielle à l’émancipation politique, économique et nationale des Canadiens-français. En réaction, au moins deux journaux canadiens-français, le Vindicator et La Minerve du 1er mai 1836, paraissent rayés de noir.

Assemblée des Six-Comtés

L’Assemblée des Six-Comtés fut une assemblée de chefs patriotes et d’approximativement 6 000 partisans tenue à Saint-Charles, au Bas-Canada, aujourd’hui le Québec, le 23 et 24 octobre 1837, malgré la proclamation du 15 juin du gouvernement interdisant les assemblées publiques. Présidée par Wolfred Nelson et Louis-Joseph Papineau elle est la plus célèbre des nombreuses assemblées populaires tenues cette année-là pour protester contre les Résolutions Russell. C’est un événement précurseur de la Rébellion. Les « six comtés » font référence à RichelieuRouvilleSaint-HyacintheChamblyVerchères et l’Acadie.

Les chefs de la rébellion

Les chefs patriotes étaient en majorité des descendants des colons de Nouvelle-France comme Louis-Joseph Papineau. Cependant, on retrouve également de nombreux intellectuels francophiles de la minorité anglaise et irlandaise, dont le docteur Robert Nelson et son frère Wolfred, ainsi que l’Irlandais catholique Edmund Bailey O’Callaghan. Il est significatif que le bas clergé ait eu des sympathies pour les Patriotes alors que le haut clergé s’est associé au pouvoir britannique.

Rôle du clergé

Jean-Jacques Lartigue, l’évêque de Montréal, a notamment pris le parti des autorités britanniques, en s’appuyant sur l’encyclique Cum Primum de Grégoire XVI, qui avait recommandé l’obéissance civile. Les directives sévères de l’Église envers les Patriotes ont déplu à de nombreux fidèles et à plusieurs membres du clergé. Issus du peuple, les prêtres des campagnes avaient toujours montré une grande solidarité avec leurs paroissiens et avaient même assisté à plusieurs assemblées patriotes. La polémique sur l’influence du clergé dans les rébellions a eu un impact durable, de sorte que MgrJean-Marie Fortier de Sherbrooke a dû accorder un pardon aux rebelles patriotes 150 ans plus tard en 1987. Cependant, certains curés se sont toujours engagés en faveur des patriotes, dont spécialement le père Étienne Chartier.

Les Fils de la Liberté

La Société des Fils de la Liberté était un groupe paramilitaire fondé au mois d’août 1837 qui tint sa première assemblée publique le 5 septembre de cette même année. Entre 500 et 700 jeunes ont participé à cette assemblée. Les membres de la Société des Fils de la Liberté calquaient leurs visées sur un groupe qui avait existé lors de la Révolution américaine du nom de « Sons of Liberty »11. Les liens entre ce nouveau club et les autres membres du parti Patriote sont assurés par François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier. C’est à l’assemblée des Six-Comtés, le 23 octobre 1837, que le mouvement patriote approuve solennellement l’organisation des Fils de la Liberté. L’endroit habituel où les membres de cette association se rassemblaient était l’Hôtel Nelson rue Saint-Jacques surnommé « rue du sang », au Marché Neuf à Montréal, aujourd’hui la place Jacques-Cartier, lieu même où se déroulera l’affrontement du 6 novembre 1837 entre le Doric Club et les Fils de la Liberté. L’organisation des Fils de la Liberté disparaît peu de temps après l’échauffourée avec le Doric Club du 6 novembre et devient clandestine, soit à la suite de l’émission des mandats d’arrêt contre les leaders de l’association, dont PapineauO’CallaghanBrown et Ouimet, le 16 novembre 183713. Au moment de sa disparition, elle comptait, selon le Gouverneur Gosford, 2 000 membres. Les membres de cette association voulaient redresser les griefs qu’ils disaient ne pouvoir obtenir par la force morale. En d’autres termes, ils souhaitent utiliser d’autres moyens que les instances politiques pour faire valoir leur point. La publication de l’ Adresse des Fils de la Liberté de Montréal aux jeunes gens des colonies de l’Amérique du Nord, le 4 octobre 1837, marque en quelque sorte le début des hostilités entre cette association et les Loyalistes.

Le Doric Club

Le Doric Club était une association de Loyalistes anglais mise sur pied par Adam Thom sous la forme de club social et de société armée qui tentaient de faire valoir des droits et des privilèges spéciaux pour les anglais face à la « menace des patriotes ». Les membres se retrouvaient habituellement dans le marché sur la rue Saint-Jacques, tout près de l’endroit où leur bande rivale de l’Association des Fils de la Liberté se rencontre. C’est par la parution de plusieurs articles dans le Herald que Thom fait appel aux anciens membres du British Rifle Corpages. Le British Rifle Corp était un corps militaire de volontaires qui a été dissous en janvier 1836 par le gouverneur Gosford. Ils étaient en majorité des jeunes très militants et parmi les plus radicaux issus du parti anglais qui formaient le nouveau club. Malgré cette ardente volonté de regroupement, Gosford affirmait que les sujets britanniques n’étaient pas en danger, qu’il était donc inutile de s’organiser en groupes de volontaires armés. Plus tard, le Doric Club deviendra la faction armée et clandestine des Loyalistes et sera organisé et présidé par John Shay, un comptable  anglophone  de  Montréal.  Le gouverneur Gosford évaluait le nombre de membres à près de 200012. Le 16 mars 1836, les loyalistes publient leur manifeste de création. Le groupe sera largement toléré par le général en chef John Colborne, tout comme de nombreux autres regroupements de Loyalistes et ce, malgré l’opposition du Gouverneur Gosford. Dans leur rapport, publié en 1836, Gosford, Grey et Gipps mentionne que le retrait de la protection Britanniques entraînerait une guerre entre les canadiens-français et les sujets Britanniques. Ils ajoutent que l’oligarchie anglaise planifie cette offensive. Le rapport souligne aussi que l’acceptation des demandes de l’assemblée élue par le gouverneur entraînerait immédiatement le soulèvement du parti anglais et puisque ce serait eux les agresseurs, il faudraient que l’armée se battent d’abord contre ses propres sujets natifs des Îles.

Batailles de 1837

Escarmouche près de Saint-Denis, 1837

Après le rejet des demandes de réformes, une série d’assemblées publiques par les chefs du Parti Patriote enflamme les passions durant l’été de 1837. Elles culminent par une Assemblée à Saint-Charles-sur-Richelieu le 23 octobre. Les affrontements débutent, le 6 novembre par une échauffourée entre les membres des groupes paramilitaires des deux camps, soit les gens du Doric Club et ceux de laSociété des Fils de la Liberté. Il y eut trois affrontements d’importance soit à Saint-Denis, Saint-Charles et à Saint-Eustache. Les patriotes réussirent à défaire les troupes et milices britanniques à Saint-Denis le 23 novembre, mais la victoire ne fut que de courte durée car, peu entraînées et mal équipées, les forces insurgées ne faisaient pas le poids face aux forces militaires coloniales britanniques, plus nombreuses et mieux préparées. C’est ainsi que les rebelles furent vaincus le 25 novembre à Saint-Charles, puis le 14 décembre à Saint-Eustache. La loi martiale fut décrétée. Il y eut des arrestations par centaines. Plusieurs patriotes s’enfuirent aux États-Unis.

La bataille de Saint-Denis

La bataille de Saint-Denis est un combat livré le 23 novembre 1837. Elle opposa les 200 patriotes du docteur Wolfred Nelson aux 300 Britanniques de Sir Charles Gore, et prit fin avec la victoire des Patriotes. Cette bataille fut l’unique succès remporté par les Patriotes lors de ce conflit. À la mi-novembre 1837, les Britanniques décident de lancer l’armée contre les Patriotes et ordonnent d’arrêter leurs chefs. Sous la conduite de Thomas Storrow Brown, de Montréal, les Patriotes du comté de Richelieu s’emparent du manoir du seigneur Pierre Debartzch et l’entourent de fortifications, pendant qu’à Saint-Denis, ils se regroupent autour de Wolfred Nelson. Deux détachements de l’armée viennent de Montréal pour attaquer Saint-Charles : l’un, sous le commandement du colonel Wetherall, prend la route du sud par Chambly, et l’autre, commandé par le lieutenant-colonel Gore, prend la route du nord par Sorel. Après avoir marché toute la nuit par un temps affreux, les troupes de Gore arrivent à Saint-Denis le matin du 23 novembre et attaquent les rebelles retranchés à l’autre bout du village, à l’endroit où se trouve la maison Saint-Germain. Les murs de la maison Saint-Germain (Charles St Germain meurt lors de ce combat) résistent à l’attaque de l’artillerie et ses occupants sont bien placés pour tirer par les fenêtres sur les troupes exposées. Gore doit ordonner la retraite vers 15 h quand les renforts des patriotes assiégés commencent à affluer dans les villages voisins et menacent de lui barrer la route de Sorel.

La bataille de Saint-Charles

Le 25 novembre 1837 , l’armée britannique est déterminée à écraser la résistance patriote. Le sort de la rébellion dans le Bas-Canadase joue à Saint-Charles, dans la vallée du Richelieu. Deux cent cinquante Patriotes sont retranchés derrière une barricade autour du manoir seigneurial. Le Colonel Wetherall se prépare à les attaquer avec quatre cent vingt-cinq soldats venus de Fort Chambly. Jean-Philippe Boucher-Belleville, journaliste et enseignant, fait partie des insurgés. Dans son journal, il raconte : « Nous étions parfaitement sur la défensive et la question pour nous se réduisait à celle-ci : devions-nous livrer sans défense nos propriétés, nos femmes et nos enfants à des barbares qui venaient, non pour faire respecter les lois, mais porter le fer et le feu chez nous, et s’enrichir par le pillage? Comme à Saint-Denis, la plupart de nos braves bonnets bleus montrèrent un zèle et un intrépidité qui n’auraient pas manqué de faire décider la victoire en notre faveur. Les femmes mêmes avaient coulé des balles et fait des cartouches ; des vieillards et des enfants voulurent partager les dangers du combat. » La bataille de Saint-Charles se termine dans un bain de sang. Cent cinquante Patriotes meurent au combat tandis que trente soldats anglais sont tués. Louis-Joseph PapineauWolfred Nelson, Jean-Philippe Boucher-Belleville et des centaines de Patriotes fuient la vallée et se réfugient aux États-Unis. D’autres sont capturés et emprisonnés à Montréal, au Pied-du-Courant, dans des conditions difficiles.

Batailles de 1838

Un patriote dessin  de Henri Julien

Robert Nelson et ses partisans, après l’insurrection manquée de 1837, se sont réfugiés aux États-Unis. Ils y organisent deux invasions en 1838. Une première invasion du Bas-Canada est tentée le 28 février. Les six ou sept cents rebelles, commandés par les docteurs Côté et Nelson, quittent le Vermont dans le but de traverser la frontière. Arrivés au lieu de campement, situé à un mille de la frontière, les rebelles proclament Robert Nelson président de la République du Bas-Canada. Ce dernier lit sa Déclaration d’indépendance du Bas-Canada qui pose des revendications très progressistes pour l’époque. Le Bas-Canada y est auto proclamé république indépendante et le peuple est déclaré absous de toute allégeance à la couronne britannique, jette les bases du nouvel État : séparation de l’Église et de l’État, droits égaux pour les Blancs et les autochtones, abolition du régime seigneurial, liberté de presse, égalité des langues française et anglaise, etc.

Malheureusement pour les rebelles, le gouvernement américain, sous les pressions britanniques, a décidé de rester neutre et de ne pas permettre qu’une telle invasion utilise son territoire comme sanctuaire. Nelson et Côté sont donc refoulés à la frontière et arrêtés pour violation de la neutralité. Ils sont amenés en cour puis relâchés. À la suite de cette tentative d’invasion manquée, ils forment une organisation militaire du nom des Frères chasseurs. Nelson met aussi sur pieds un plan pour une insurrection prévue pour le 3 novembre 1838. Le plan d’action s’articule autour de différents camps qui doivent approvisionner les troupes en armes, rechercher un appui des États-Unis et développer des liens avec les rebelles du Haut-Canada.

Le 3 novembre, les Chasseurs doivent emprunter le Richelieu, prendre possession de St-Jean et se diriger vers Montréal sous le commandement de Nelson. Avec 250 fusils, Nelson gagne Napierville le 4 novembre vers les neuf heures du matin. Il est accueilli par le docteur Côté qui le présente aux troupes, 800 ou 900 rebelles, comme chef de la République. Le 7 novembre, Côté envoie des hommes à Rouses Point (État de New York) afin qu’ils rencontrent des recrues américaines et récupèrent les armes cachées près du quai Vitman, mais tout a disparu. De retour à Napierville, les mandatés font face à l’armée britannique du capitaine Marsh et doivent fuir vers Napierville ou pour les États-Unis.

Les Amérindiens et les Patriotes

Au cours des Rébellions les Iroquois de Kahnawake et de Kanesatake ont tenu un discours de neutralité tout en collaborant avec les Britanniques. Leur geste n’est cependant pas nécessairement une « trahison » envers les Patriotes, ou un acte de loyauté aveugle envers la Couronne. Il s’explique en partie par une alliance militaire de longue date avec le gouvernement. Ces alliances diplomatiques datent du régime français et ont pour but de souder des amitiés politiques entre les gouvernements et les Amérindiens. On peut spéculer également que la menace gouvernementale d’éliminer les cadeaux annuels, une autre tradition qui date du régime français, et rendue très claire à l’aube des Rébellions peut avoir causé l’apparition d’une loyauté « stratégique » chez les Iroquois afin de défendre leurs intérêts. En habiles diplomates, les 23 chefs de Kahnawake et de Kanesatake pétitionnent d’ailleurs le Gouverneur John Colborne quelques années suivant les troubles pour exiger les services d’un « médecin salarié » en soulignant qu’ils ont « montré leur dévouement au gouvernement de Sa Majesté, nommément dans les deux Guerres avec les États-Unis, et encore récemment pendant les dernières Rébellions ». Enfin, il faut tenir compte de la nature des rapports entre Iroquois et Patriotes, ainsi que des perceptions que les Iroquois ont développées sur les événements se déroulant dans les campagnes environnantes et dans leurs propres villages. Dans un climat de discordes continues relatives à la terre et de rumeurs angoissantes, le péril de se faire exproprier, qu’il soit réel ou exagéré, a joué un rôle important dans le façonnement d’attitudes et des gestes qui en découlent. Dans ce contexte fort bien documenté dans les archives, les Iroquois de Kahnawake et de Kanesatake ont profité des Rébellions pour rappeler aux autorités coloniales, aux Patriotes et à leurs voisins « Canadiens » que leur identité collective distincte existe toujours et qu’ils n’ont nullement l’intention de se laisser assimiler et exproprier.

Conséquences

À la suite de la rébellion du Bas-Canada, le gouverneur Bond Head fut rappelé et remplacé par Lord Durham, qui avait pour mission de faire un rapport sur les mécontentements des colons et trouver une façon de les apaiser afin de les assimiler. Son rapport comportait deux volets : réunir le Haut et le Bas-Canada et ainsi réduire l’autonomie des Canadiens français. Selon Lord Durham le peuple canadien français était un peuple inférieur, sans histoire et sans littérature qui était directement responsable des rébellions de 1837-183825,26Lord Durham, croyait que le caractère national qui devait être donné au Bas-Canada devait être celui de l’Empire britannique, celui de la race qu’il considérait comme supérieure et qui devait un jour dominer le continent nord-américain. Le 25 septembre 1839, 58 patriotes condamnés à l’exil, quittent Québec à destination de la Nouvelle-Hollande, colonie alors employée comme prison par les Britanniques. Ils voyagent à bord de la frégate anglaise Buffalo, commandée par le capitaine Wood. Le Canada-Uni est créé en 1840 à la suite de l’Acte d’Union. L’Acte vise à assimiler les Canadiens français pour empêcher toute récidive en les submergeant dans une mer anglaise toujours en augmentation grâce à l’immigration venant du Royaume-Uni. La Province du Canada ou Canada-Uni naît de l’union législative des provinces du Haut-Canada (Ontario) et du Bas-Canada (Québec) en février 1841. L’édifice du marché Sainte-Anne, situé là où se trouve l’actuelle Place D’Youville, est rénové par l’architecte John Ostell pour y accueillir le parlement provincial. L’incendie du Parlement à Montréal par les Canadiens-Anglais loyalistes se produit le soir du 25 avril 1849 à Montréal pour le voir changer d’emplacement. Les Canadiens-français réagirent par la revanche des berceaux, sous l’impulsion de l’Église catholique romaine, pour maintenir leur nombre relatif. Ils utilisèrent également les discussions lors de la Conférence de Charlottetown pour reformer une province francophone et catholique distincte, le Québec.

Journée Nationale des Patriotes

Article détaillé : journée nationale des patriotes.

La Journée Nationale des Patriotes est empreinte de commémorations à caractère historique afin de souligner le soulèvement des Patriotes de 1837-1838. La Journée Nationale des Patriotes est un jour férié et chômé au Québec le lundi qui précède le 25 mai de chaque année. Instaurée en novembre 2002, mais célébrée pour la première fois en mai 2003, les Québécois profitent de cette journée pour « souligner l’importance de la lutte des patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance de leur nation, pour sa liberté politique et pour l’établissement d’un gouvernement démocratique ». Avant 2003, le lundi précédant le 25 mai de chaque année était la Fête de Dollard, instituée dans les années 1920 afin de concurrencer la Fête de la Reine (Victoria Day) qui est célébré au Canada Anglais.

Histoire en bref de la Ville de St-Marc sur-Richelieu

Le Logo de la Municipalité de St-Marc-sur-Richelieu Les Armoiries de la Municipalité de St-Marc-sur-Richelieu

Le territoire:

Le nom officiel, Saint-Marc-sur-Richelieu , à été adopté en 1980 et a remplacé la dénomination de Saint-Marc de Cournoyer utilisée depuis 1855, date de l’incorporation civile de la seigneurie de Cournoyer. Avant 1855, ce sol était appelé couramment et désigné dans les documents sous le nom de seigneurie de Cournoyer ou simplement Cournoyer . Le territoire de Saint-Marc est une partie du Jardin du Québec composé des terres fertiles de la vallée du Richelieu. Un fief est concédé au nom de Louis XIV par le gouverneur général de la Nouvelle-France Louis Buade, comte de Frontenac, à Québec le 1 er mars 1695, au sieur Jacques Hertel de Cournoyer. Cette seigneurie de deux lieues de front par deux lieues de profondeur voisine à l’ouest, le fief de Verchères; au nord, celle de Contrecoeur; à l’est, longe le Richelieu et la seigneurie de Saint-François-Le-Neuf – Saint-Charles-sur-Richelieu – et au sud, côtoie la seigneurie de Beloeil. Les limites du territoire sont modifiées en 1860 par l’annexion d’une partie des terres de Beloeil jouxtant la branche nord du Grand Ruisseau de Beloeil. Puis elles sont amputées, en 1921, d’une partie de ses terres boisées lors de la création de la municipalité de Saint-Amable. Le sol très fertile repose sur un sous-sol argileux de teinte bleutée. On y trouve aussi des nappes souterraines d’eau salée provenant de l’ancienne mer de Champlain et la présence d’un peu de pétrole.

 Concessions et défrichement:

 Le seigneur Jacques Hertel de Cournoyer, officier de la marine, occupé par la guerre avec les Amérindiens ne pourra concéder de terre en sa seigneurie qu’à compter de 1726. En 1665, 1666 et 1667, la vallée du Richelieu est balisée par une série de forts construits sur les ordres du lieutenant général Alexandre Prouville, marquis de Tracy, par les troupes du régiment de Carignan-Salières afin de neutraliser les Agniers (Mohawks de leur nom anglais) utilisant le Richelieu pour attaquer les colons de la grande région de Montréal. À la fin du XVII ème siècle et au début du siècle suivant, le problème est toujours d’actualité. La construction, cette fois en pierre, du fort de Chambly, entreprise en 1710, va apporter enfin la paix dans la vallée du Richelieu et permettre l’implantation de nouveaux colons et l’exploitation des terres des seigneuries. Tout porte à croire que le fort de l’Assomption, bâti en 1666 par les troupes du régiment de Carignan-Salières, a été élevé sur les terres actuelles de Saint-Marc-sur-Richelieu. Des fouilles archéologiques déjà entreprises devraient en apporter la confirmation. De 1726 à 1729, quelques terres sont concédées à Cournoyer, mais encore très peu de colons y résident. À compter de 1730, de nouveaux défricheurs ayant reçu des concessions, commencent à les déboiser et à s’y installer à demeure. Au nombre des premiers habitants nous retrouvons le nom des Chicoine, Foisy, Decelle, Loiselle, Beaudry, Lavallée, Jeannotte-Lachapelle, Bissonnette, Tétro-Ducharme, dont plusieurs ont encore des descendants à Saint-Marc.

 Quelques seigneurs de Cournoyer :

 Le premier seigneur de Cournoyer, Jacques Hertel de Cournoyer, né à Trois-Rivières le 19 mars 1667, est le fils de François Hertel de la Fresnière , seigneur de Chambly, et de Marguerite Tavenot. À l’âge de 26 ans il épouse à Trois-Rivières, le 26 novembre 1691, Marguerite-Thérèse Godefroy, fille de Michel Godefroy, sieur de Lintôt et de Perrine Picoté. François Hertel de la Fresnière est ce jeune héros qui, fait prisonnier par les Iroquois a eu le pouce gauche coupé durant sa captivité. C’est lui aussi qui obtient de Louis XV, en 1716, des Lettres de Noblesse pour lui et toute sa descendance. Durant le règne du premier seigneur de Cournoyer, des terres sont concédées premièrement à la Biausse – aujourd’hui faisant partie de la municipalité de Calixa-Lavallée – puis ce sont toutes les terres le long du Richelieu. En 1740, ce sont celles de la deuxième concession situées à trente arpents de la rivière, connue sous le nom de rang des Trente. Jacques Hertel de Cournoyer donne au docteur Thimotée Sylvain, en 1733, un arrière-fief connu sous le nom de fief Sylvain et se situant au Coin-Rond. Sylvain avait épousé Marie-Renée Gauthier de Varennes, veuve de Christophe Dufrost de la Jemmerays. Jacques Hertel de Cournoyer meurt à Trois-Rivières le 4 septembre 1748 à l’âge de 81 ans. Le deuxième seigneur, pour quelques mois seulement, est son fils aîné Michel, juge à l’île Royale – île du Cap-Breton – Il y décède en avril 1749. Le troisième seigneur de Cournoyer est Joseph, un autre fils de Jacques, qui prend aussi le titre de sieur de la Fresnière , titre lui revenant par droit de succession. En 1751 est concédée la très grande majorité des terres des rangs des Soixante et des Quatorze. Joseph fait construire le moulin banal dans sa seigneurie en 1766. Il meurt à Trois-Rivières, le 20 novembre 1768. Le quatrième seigneur est le frère du précédent, Jacques-Lambert Hertel de Cournoyer. Il cède, en 1770, la seigneurie à son beau-frère François de Bellefeuille.

Le huitième seigneur de Cournoyer est Joseph Toussant Drolet qui en fait l’acquisition en 1825. C’est le premier seigneur à être né à Cournoyer et à habiter dans sa seigneurie. Sa très grande maison devient le manoir seigneurial. Député de Verchères à Québec, capitaine de milice puis major, il s’implique activement dans le Parti des Patriotes en 1837. Sa tête est mise à prix pour la somme de 500 livres le 29 novembre 1837. Il meurt en son manoir à Saint-Marc, le 2 novembre 1838, à l’âge de 52 ans. Son corps est inhumé sous l’église.

La seigneurie passe en 1841 aux mains de Pierre Dominique Bartzch dit Debartzch et de sa famille, puis en 1850, au notaire John Fraser de Berry, originaire de Rivière-du-Loup. Il est aussi Conseiller législatif à Québec. C’est sous son règne que le régime seigneurial est aboli. Il devient le premier maire de la municipalité de Saint-Marc. Les derniers seigneurs de Cournoyer, de 1879 à 1941, sont Isidore Raynaud-Blanchard et sa descendance. Sa belle-fille, Virginie Raynaud-Blanchard, épouse d’Étienne, étant devenue la cinquième seigneuresse et la dix-huitième de la suite des seigneurs, donne en 1920, un emplacement pour y construire un couvent, aujourd’hui l’école. Aujourd’hui La ville de St-marc-sur-Richelieu fait partie des plus beaux village du Québec et offre au tourisme un cadre enchanteur remplie d’histoire. Une visite du village et de ses environs vous ferons découvrir une gastronomie varié mais qui revient a la source( de la ferme a la table). Vous y rencontrerai des gens accueillant et fier de leur Village.

Quelques services:

Depuis au moins 1814, un service de traversier relie Saint-Marc à Saint-Charles. Le plus vieux qui est celui du village, initiative du seigneur Joseph Toussaint Drolet qui était aussi négociant. Le quai Vary, situé au Coin-Rond, bâti vers 1879 par des particuliers, est donné au Gouvernement fédéral en 1902. Ce dernier l’a cédé à la Municipalité de Saint-Marc, en 1995, tout comme celui du village. Le premier réseau d’aqueduc est installé au village en 1888 sous l’initiative de Clovis Sénécal. Le premier service de téléphone remonte à 1895 et se nommait Ligne Blanchard . L’éclairage au gaz son apparition au village en 1907 et l’électricité en 1925.

Les bureaux actuels de la Municipalité , le service d’incendie et la bibliothèque ont été inaugurés le 7 juillet 1991.

 Quelques personnalités :

Le premier médecin et aussi le premier notaire à résider à Saint-Marc est le chirurgien Dominique Mondelet, installé à Cournoyer dès 1763.

Son fils, Jean-Marie Mondelet débute sa carrière de notaire à Saint-Marc en 1794. Il sera juge de paix, député à Québec, magistrat de police et coroner à Montréal.

Dominique Mondelet, petit-fils du chirurgien et fils de Jean-Marie est né à Saint-Marc en 1799. Avocat, il est nommé commissaire pour étudier le régime pénitentiaire aux États-Unis. Il est promu juge à la Cour de Trois-Rivières en 1842.

Son frère Charles Mondelet, est baptisé à Saint-Marc, en 1801. Avocat lui aussi, il est employé par la commission astronomique pour établir la frontière entre le Canada et les États -Unis. Il est nommé juge en 1850, à la Cour Supérieure.

À la bataille des Patriotes à Saint-Charles le 25 novembre 1837, neuf Cournoyens y trouvent la mort. Leurs noms sont inscrit sur la plaque commémorative fixée au monument érigé en leur honneur en 1987, vis-à-vis du presbytère, presqu’en face du champ de bataille à Saint-Charle.

Natifs de Cournoyer, Joseph Jeannotte-Lachapelle et Jean-Baptiste Bougrette-Dufort sont promus au grade de capitaine de milice au début du XIX ème siècle. Un ancien apprenti de Louis Quévillon, Jérôme Pépin, sculpteur, ayant épousé en 1822 la Cournoyenne Brigitte Leroux, s’installe à Saint-Marc.

Au XX ème siècle, les rouets fabriqués par François Borduas atteignent une renommée à travers tout le Québec et même en Ontario.  Léonide Perron, natif de Saint-Marc, élu député de Verchères, devient ministre de l’Agriculture. L’imprimeur Pierre Des Marais, ancien président du Comité exécutif de la ville de Montréal y possède sa résidence estivale. Pacifique Plante, chef de l’escouade de la moralité de la ville de Montréal y construit sa maison. Saint-Marc a attiré nombre de gens de lettres, de théâtre et d’artistes. Au début des années 50, la dramaturge Françoise Loranger s’y fixe et y rédige la grande majorité de son œuvre littéraire. Son mari l’architecte Jean Michaud dessine les plans de l’école de Saint-Marc, inaugurée en 1969. Ont résidé à Saint-Marc, la grande comédienne Denise Pelletier, les écrivains Réal Benoit, Marcel Dubé et Réginald Boisvert; l’animateur et biologiste Fernand Séguin. Le céramiste Jacques Garnier y démarre sa fabrique de poterie L’Argile vivante avant de s’installer au Ruisseau de Beloeil. (mai 2008)

Référence

– Saint-Marc-sur-Richelieu 1792-1992 – Découverte sur le Richelieu du fort de l’Assomption (1666)

– Archives de l’auteur Georges Bellemare,  membre de la Société d’histoire de Cournoyer

Faune et Flore

Dans les zones urbaines ou agricoles, on retrouve principalement des petits mammifères tels que les mouffettes, les ratons laveurs, les écureuils et les marmottes. Les zones forestières, qui représentent 16 % du territoire du bassin versant, abritent une faune plus diversifiée : on y retrouve entre autres des visons d’Amérique, des cerfs de Virginie, des castors, des grenouilles et plusieurs espèces de tortues, dont la tortue-molle à épines qui est une espèce menacée.Faune et flore

Mais les espèces animales les plus fréquemment aperçues proviennent de la faune aviaire. Parce que la rivière coule sur un axe nord-sud, elle constitue un couloir de migration et on y observe plusieurs oiseaux migrateurs. Une halte migratoire est située près de Saint-Jean-sur-Richelieu; selon la période de l’année, on peut apercevoir différentes espèces d’oiseaux. Par exemple, à l’automne on peut constater la venue de milliers de bernaches et de canards. On peut également y apercevoir la pie-grièche migratrice (une espèce menacée), de même que le faucon pèlerin et l’aigle royal (classés comme espèces vulnérables), des parulines azurées et des pics à tête rouge, pour ne nommer que ceux-là.

En ce qui concerne la flore, le bassin versant de la rivière Richelieu appartient au domaine bioclimatique de l’érablière à caryer cordiforme. On y trouve entre autres des érables à sucre et des érables argentés, des caryers cordiformes, des chênes à gros fruits et des chênes bicolores, des ormes d’Amérique et des frênes noirs, ainsi que plusieurs arbustes et plantes herbacées. Parmi ces dernières, plusieurs sont considérées comme vulnérables ou menacées d’extinction. C’est le cas notamment de l’aplectrelle d’hiver (Aplectrum hyemale), de l’ail des bois (Allium tricoccum) et du lis du Canada (Lilium canadense).

À la fin des années 1990, on a constaté la présence de la châtaigne d’eau à l’embouchure de la rivière Richelieu. Cette espèce envahissante menace d’étouffer la faune et la flore, car elle se multiplie à une vitesse fulgurante. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec lutte pour s’en débarrasser; d’ailleurs, une campagne d’arrachage a débuté en 2001. Des partenaires, comme le CIME Haut-Richelieu, a permis de contrôler l’envahissement de cette plante en la récoltant.

Poissons

L’esturgeon jaune

La rivière Richelieu abrite plus de cinquante espèces de poissons. Plusieurs d’entre elles sont considérées menacées ou en voie de disparition, comme le chevalier cuivré, le chevalier de rivière et l’esturgeon jaune. L’une des dernières frayères du chevalier cuivré(Moxostoma hubbsi), une espèce endémique du Québec, se trouve d’ailleurs dans la rivière. D’autres espèces, comme la tanche et legobie à taches noires, sont exogènes. En effet, elles proviennent d’un milieu extérieur et ont été accidentellement introduites dans cet écosystème, souvent par le rejet des eaux de ballast des navires qui sillonnent le fleuve Saint-Laurent. Considérées comme nuisibles ou invasives, elles colonisent les eaux et les fonds et entrent en compétition avec certaines espèces indigènes (locales) constituant ainsi une menace pour l’intégrité des écosystèmes de la rivière. Au cours de la dernière décennie, plusieurs moyens ont été mis en œuvre pour protéger les espèces menacées. Parmi ces projets, notons en 2001, l’échelle à poissons Vianney-Legendre qui fut construite afin d’aider les poissons à franchir le barrage du canal de Saint-Ours. Nommée ainsi pour honorer la mémoire de Vianney-Legendre, ichtyologiste renommé, cette structure à caractère innovateur a été conçue pour accommoder différentes espèces de poissons, en particulier celles qui sont menacées. Cette échelle peut même servir à sensibiliser la population sur le rétablissement des espèces menacées. En 2002, le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin (premier naturaliste ayant décrit le chevalier cuivré) a été créé en vue de protéger une aire de reproduction du chevalier cuivré53. L’accès au refuge est interdit pendant la période de reproduction qui s’étend de la fin juin à la fin juillet. Enfin, tous les étés depuis 2006, dans le cadre d’un projet de gardiennage mis sur pied par le Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR), des agents de sensibilisation sillonnent la rivière dans le but de faire connaître aux plaisanciers la situation précaire du chevalier cuivré et de leur rappeler les règlements et mesures en vigueur pour assurer sa protection. Par ailleurs, les espèces envahissantes et la présence humaine croissante ne sont pas seules responsables de la fragilité de certaines populations. Selon un rapport du ministère québécois du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) réalisé en 1998, la présence d’agents polluants et toxiques dans les eaux de la rivière constitue aussi une « source de stress » pour les poissons. À plusieurs endroits dans la rivière, une proportion inquiétante de poissons (plus de 13 %) présentaient des anomalies, ce qui serait le signe d’un « état de santé précaire » de la communauté ichtyologique. Toutefois, la présence importante de poissons piscivores et de certaines espèces vulnérables, comme le fondule barré, amenait le MDDEP à maintenir l’indice d’intégrité du poisson à « moyen » (à l’exception du secteur de Saint-Jean-sur-Richelieu, où il était jugé « faible »). Le méné à menton noir, la barbotte des rapides et la lamproie de l’Est font aussi partie des espèces sentinelles du bassin versant de la rivière Richelieu, à l’instar du chevalier cuivré, dont la présence constitue un indice de la qualité de l’eau et du milieu aquatique. Les données présentées dans le rapport de 1998 sont toujours utilisées comme référence en 2011. La fragilité de certains écosystèmes n’empêche pas la pratique d’activités sportives ou de loisirs. Certains poissons de la rivière peuvent atteindre des tailles impressionnantes et présentent un intérêt pour la pêche sportive. Cette activité est toutefois réglementée : des restrictions périodiques et sectorielles ainsi que des limites quotidiennes de prises peuvent s’appliquer entre autres aux esturgeons, aux chevaliers, aux meuniers et au bar rayé. Référence: Wikipédia French and Indian War, map showing the Lake Champlain waterway connecting New York with Canada 
Carte moderne montrant la voie d’eau importante Lake George – Lac Champlain – la rivière Richelieu reliant la rivière Hudson avec le fleuve Saint-Laurent, un lien de transport essentiel dans la bataille entre Angleterre et la France pour le contrôle de l’Amérique du Nord.

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